Dans la foule, le singulier, dans la pluralité, l'identité, dans le nombre, l'unicité: quoi de plus banal aujourd'hui, nous navigons entre quantité et individualité, à l'heure d'Internet, Facebook, Twiter..., à l'heure des réseaux sophistiqués de téléphonie, à l'heure des bouquets de chaînes télévisées nous offrant à contacter comme à voir, individuellement ou collectivement, nos amis situés sur un autre fuseau de la planète ? En quelques années seulement des habitudes irréversibles ont été prises, permettant la communication bien sûr, mais peut-être aussi cette appréhension unique dans l'Histoire de l'Humanité de la multitude. Merveilleuse et fascinante que cette expérience procurée à notre oeil-conscience qui, devenu sphérique comme panoramique, vecteur comme inquisiteur, traverse les océans comme surplombe les continents, englobe comme focalise, dénombre comme pointe, surnage comme s'immerge dans un kaléïdoscope qui l'informe, le forme ou ...le déforme. Dans son exposition "L'Homme-foule", Bruno BERNIER invite notre vision à 'chavirer' dans le 'charabia' d'encres colorées de tous nos visages, grâce au vertige, grâce à l'interrogation, grâce au désarroi, grâce à la contemplation: pointer le radical-différent dans l'ensemble, l'essence-seule dans la saturation, le précis-autre dans le diffus, l'original-vif dans le global, telle est l'idée têtue ou le rêve obsessionnel - ou l'éclat de rire ?- de Bruno BERNIER, le tableau-totem ou le tableau-tribu étant ici "trait d'union" entre toutes nos têtes, nos "testamente", au service de l'oeil-conscience recomposant à l'infini...le visage de l'Homme.

