Traversée des apparences.
Au début était une tache et un regardeur. De loin, cette tache avait la forme d'une masse grise plus ou moins carrée flottant dans un espace blanc.
Ce que le regardeur prenait d'abord pour abstrait voire abscons, s'avérait au fur et à mesure qu'il s'en approchait et observait tout le contraire.
L'obscurité s'éclairait. Il voyait déjà la tache se diviser en deux bandes horizontales, celle du haut plus sombre que celle du dessous. Chacune était animée de traits, de points, de taches tantôt clairs, tantôt foncés. L'une avait en plein ce que l'autre avait en creux.
Le voile se levait, cette profusion dessinée suggérait un fouillis végétal. Un paysage se précisait. Un pré, envahi d'herbes sèches et de ronces, probablement peuplé d'une faune abondante précédait l'espace sombre d'un bois. En lisière de cette nuit qui s'épaississait de tant de noirs, cinq arbres captaient encore quelque lumière. Leurs corps se tordaient sans excès avec une justesse qui n'échapperait à aucun botaniste. Enivré par ces détails, captivé par ces derniers feux, le regardeur ajustait sa vue et les reconnaissait comme les derniers signes d'un univers familier. Au-delà les repères manquaient, il fallait s'abandonner à un rythme obscur. De près, le sentiment qui l'envahissait n'avait plus rien de commun avec celui éprouvé précédemment devant la masse grise, l'angoisse l'étreignait.
Un étrange pressentiment le gagnait, celui d'avoir vu son destin.
Quelle main l'y avait donc conduit?
Danièle Fauvel. 1998.
Notre traversée de regardeur, ou de de témoin – d’un dessin, ...d’un dessein..., d’un sentiment, d’un dialogue ou d’un arbre, bref d’un morceau de la réalité qui nous entoure – ne consisterait-elle pas à rêver ce pont qui pourvoit le passage d’une rive à l’autre, d’une vibration à l’autre ?
L’ouvrage aux arches plongées dans le courant – fluidité, transparence, amont de la source – et nous permettant de franchir, de parenté en parenté, les textures du réel, résultera de notre intuition - ou désir, ou soif - , de cet ‘autre côté’ des choses ; achevée, la passerelle au-dessus du gué, de la rivière, du fleuve, permettra de s’y arrêter momentanément pour juste suivre du regard – dans l’instant – l’eau qui coule…
Au-delà des références à Virginia Woolf qu’il suggère, le titre de l’œuvre graphique "Traversée des apparences ", présentée ici par Danièle FAUVEL, nous invite à questionner ce passage de la vision qui, d’une rive à l’autre, de strate en strate, guète la Lumière ou l'inconnu dans l’impressionnant mille-feuille du réel.
Continuum à cette oeuvre qui enseigne sur les infinis possibles de notre regard, le reste des dessins révèle la toute présence du végétal : comme autant d'îlots dans le blanc aveuglant du ciel et dans lequel, de feuille en feuille, de branche en branche résonne les variations du trait - le point, la ligne -, le signe se rapportant au son, n'ayant d'autre parenté subtile et aérienne que le langage des oiseaux, étincelle mélodique dans le silence..., ici visuel, dont découle naturellement le respect de l'art de faire qu'impose cette série, série qui nous oblige à contenir tout commentaire anecdodicte diminuant sa présence.
Marianne Benchimol, novembre 2011
EXPOSITIONS PERSONNELLES
2008
La Raffinerie. "Métamorphoses érotiques". Montreuil.
2004
Galerie l’Acadie. "Dessiner au-delà du paysage". Cajarc.
Bibliothèque Robert Desnos. Montreuil.
Galerie l’Esperluette. Paris.
2002
Espace Jean de Joigny. Joigny.
2001
Hôtel Salomon de Rothschild. Paris.
1999
"Mac 2000". Espace Eiffel. Paris.
Galerie Pôl’Art. Paris.
1998
Galerie Artpassage. Paris.
1997
Maison de la culture A. Malraux. Amiens.
1995
Université de Picardie. Amiens.
Portes ouvertes. Montreuil.
1994
Galerie la Ferronnerie. "Architectures à dessein". Paris.
1992
Portes ouvertes. Montreuil.
1990
Musée municipal. Coutances.
1989
Galerie de l’Ancienne Poste. Calais.
1988
"Dessins-gravures". Chevilly Larue.
Collectif 125. "Dessins et gravures". Paris.
PRIX
1989
Prix Fénéon (en peinture). Chapelle de la Sorbonne. Paris.
1987
Premier prix peinture de la ville de Chevilly Larue au salon régional des jeunes créateurs.
1987
Prix de la ville à Expo Créteil. Créteil.
EXPOSITIONS COLLECTIVES
2011
Galerie l'Acadie. Cajarc
2010
La java. Paris.
2009
Un monde-paysage. Aroa. Neuilly sur Seine.
1,2,3…printemps. Maison de quartier Gérard-Rinçon. Montreuil
2008
"Geste d'art". Viaduc des arts. Paris
2007
La Raffinerie. Montreuil.
2003
Galerie l’Esperluette. Paris.
2000
Galerie Sculptures. Paris.
1999
Galerie Margaron. "Emotions de nature". Paris.
Galerie Pôl’Art. «Photographies». Paris.
1998
La Synthèse. "Les petits carrés d’Art". Saintes.
Novembre à Vitry . Vitry.
Fête de l’Humanité. "100 peintres et sculpteurs". La Courneuve.
Mairie du 6ème. "En noir et blanc". Paris.
1994
Salon de la Jeune Peinture. Espace Eiffel. Paris.
1992
Salon de la Jeune Peinture. "Art de la Critique", invitée par N. Pouillon, conservatrice au Musée National d’Art Moderne. Grand Palais. Paris.
Salon de Montrouge . Montrouge.
1991
Colt Gallery. Nice.
1990
Salon de Montrouge. Montrouge.
1989
Juin de la Celle Saint-Cloud . La Celle Saint-Cloud.
Espace M. Lebrun. "Points communs". Prigny Concrémiers.
Prix Fénéon. Chapelle de la Sorbonne. Paris.
Galerie Jean Fournier. Paris.
1988
Novembre à Vitry . Vitry.
1987
Salon régional des Jeunes Créateurs . Chevilly Larue.
2ème triennale des Arts Plastiques . Besançon.
Les Arts du Dessin. La Celle Saint Cloud.
Grands et jeunes d’aujourd’hui . Grand Palais. Paris.
41ème salon des Réalités Nouvelles .Grand Palais. Paris.
Salon biennal d’Art Contemporain . Champigny sur Marne.
Expo Créteil. Créteil.
1984
Galerie Michèle Broutta."14 graveurs de l'ENSAD". Paris.
1983
Biennale de la Jeune Gravure Contemporaine . Paris.
1982
Ecole Spéciale d’Architecture. "6 expressions gravées". Paris.

